Courriels, forums et bonnes manières ou passer ses écrits aux tamis
Préparé en début d’après-midi au doux soleil de la Méditerranée, ce billet est rédigé quelques heures plus tard et surtout quelques 18°C en moins dans la brume de la Mer du Nord. Mais ce qui m’a surtout amusé, c’est que Gilles a proposé entre temps une de ses remarquables cartes sur le même sujet. Elle est ici. Merci Gilles ! Comme le travail est fait, je vais me contenter d’ajouter une petite touche personnelle.
Courriels, forums et bonnes manières ou passer ses écrits aux tamis
Expérience langagière
Après plusieurs années d’emploi strictement fonctionnel de l’anglais en contexte international, retrouver l’usage du français avec des francophones s’annonçait comme une délectation. Prenant mes aises, j’ai usé de tout mon vocabulaire, de tous mes « bons » mots, de toutes mes figures de « style ». Bref, j’étais le fameux éléphant dans le non moins fameux magasin de porcelaine… Depuis je m’efforce de passer mes courriels et interventions dans des forums par des tamis successifs par respect pour la porcelaine et surtout par respect pour mes interlocuteurs. Ce qui suit est très personnel, ne se prétend en aucun cas original et est sûrement présenté d’une façon plus pédagogique ailleurs.
Le tamis de la longueur :
La longueur du message : En général, quelques lignes suffisent. Si la réponse doit vraiment être élaborée, il vaut mieux joindre un document en PJ. Depuis l’avènement des documents collaboratifs, il vaut encore mieux inviter les interlocuteurs à commenter et modifier un document partagé en ligne.
La longueur d’une phrase : Si une phrase s’étale sur plus d’une ligne et demi, c’est souvent qu’elle est trop longue. Il suffit la plupart du temps de revenir à la construction Sujet + Verbe + Complément, pas très amusante mais tellement efficace. Une autre technique utile consiste à transformer la longue phrase en deux phrases courtes, éventuellement, liées par un mot… de liaison.
Le tamis de la clarté :
Le vocabulaire le plus commun possible ou en tout cas partagé s’avère être le plus adéquat.
Les sous-entendus ne sont justement pas faciles à « entendre » et sont donc évités. Tout comme l’est l’humour lequel n’est pas toujours partagé (et en pour ce qui me concerne rarement réussi).
Evidemment, le sarcasme et l’ironie n’ont pas besoin d’être retenus par le tamis puisqu’ils sont bannis de toute communication qui se veut constructive.
Le tamis de l’orthographe :
Une relecture – même en diagonale – permet d’attraper bien des horreurs à même de gêner la communication. Là, j’ai quand même une pensée amicale pour tous ceux et toutes celles qui luttent avec les turpitudes de l’orthographe. J’espère qu’ils et elles ne s’autocensurent pas et ne se sentent pas exclu-e-s de la communication écrite.
Le tamis de la convivialité :
Une petite formule d’ouverture, souvent un remerciement, compense avec la froideur induite par les tamis précédents.
En parallèle, une formule de clôture courte mais personnalisée apporte également un peu de rondeur.
Il y a d’autres tamis selon les contextes, les projets et les groupes mais ces quatre-là sont transversaux et conviennent à la plupart des courriels et forums.
Vous aurez remarqué que je n’ai pas évoqué le cas plus personnel des billets de blogs et des billets de ce blog-ci en particulier… où je reprends avec délectation ma stature éléphantesque. C’est mon blog après tout et j’y écris keskech’veux.






La conclusion en italique me plait particulièrement. Après toutes ces EOI (écritures à objets identifiés), le refuge c’est quand même celle qui nous est personnelle.
Bonjour Catherine
merci pour la mention
je vais ajouter ton tamis à la carte ! Promis !
Gilles
Merci à toi, Gilles, pour tes précieuses contributions dans ITyPA !
Du coup, j’abandonne les billets d’humour …
Mais ce n’est pas pour traverser le tamis de la clarté.
En fait, c’est un signe! Je me suis laissé déborder … mais ça reviendra